Censure. Free Gaza
Le massacre dans la bande de Gaza a dépassé les 45 000 morts et ce territoire prend des allures post-apocalyptiques. En France, la campagne anti-palestinienne continue de battre son plein. José-Luis Moraguès, membre de BDS Occitanie (Boycott Désinvestissement Sanctions), attend toujours la tenue de son procès pour diffamation après avoir qualifié le maire de Montpellier, le sénateur Bourgui et la socialiste Delga de complices du génocide. En parallèle, de nouvelles interdictions d’événements en soutien à la Palestine ont eu lieu ces derniers mois. La préfecture de l’Allier a ainsi mis en demeure le maire de Commentry d’annuler une conférence de la CGT qui devait avoir lieu au théâtre municipal le 9 décembre dernier. Intitulée « Pour une paix juste et durable en Palestine », l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri y participait. Ce défenseur des droits des Palestinien·nes et des prisonnier·es politiques a déjà passé près de dix années dans les prisons israéliennes. Évidemment, l’extrême droite locale était à la manœuvre, et on apprend par La Montagne qu’elle se réjouit de l’annulation de la venue de ce militant au « discours haineux » et « antisémite ». Alors oui le quotidien met des guillemets, mais il n’empêche que laisser, sans les contredire, ces apprentis fascistes qualifier d’antisémite un résistant à la colonisation israélienne, c’est intolérable.
Début janvier, à Toulouse, c’est au tour du maire pro-israélien Jean-Luc Moudenc de censurer une exposition de Médecins sans frontières, « We did what we could », à l’occasion du festival Cinéma et droits de l’Homme. Dans une lettre ouverte, l’ONG humanitaire se dit « consternée » et explique que cette exposition « donne à voir la réalité de la guerre totale menée par Israël, à travers l’expérience de ses soignants, qui témoignent du siège, des bombardements et de l’horreur quotidienne de Gaza : les afflux massifs de blessés dans des hôpitaux dévastés et attaqués par l’armée israélienne, les pénuries de médicaments, le manque de nourriture, le chaos qui s’instille dans les interstices d’une société anéantie. » Elle ajoute : Cette exposition, déjà présentée à Bayeux lors du Prix des correspondants de guerre en octobre 2024, sans qu’aucun trouble n’ait été rapporté, est d’autant plus précieuse que la bande de Gaza est verrouillée, interdite d’accès aux médias étrangers, tandis que les journalistes palestiniens ont été décimés par les attaques israéliennes. » À l’occasion des commémorations des attentats du 7 janvier, le maire de Toulouse soutenait toujours être « Charlie » sur X. Rien ne va plus ! Pendant qu’on laisse les accusations d’antisémitisme fleurir envers les militants de gauche, la droite raciste et colonialiste s’octroie un label de liberté d’expression.
