Tarbes. La justice des puissants
Plus d’une décennie après les faits, enfin allait se tenir le procès en mars du maire de Tarbes, Gérard Trémège, dans une affaire de favoritisme et de prise illégale d’intérêts impliquant également neuf autres personnes. À un an et demi des municipales, il était temps pour ce baron de la droite locale, déjà été condamné pour travail dissimulé, et on aurait pu espérer que ce procès soit celui de la fin du système Trémège à Tarbes. Badaboum, en raison d’un manque de magistrats au tribunal de Pau et face à une affaire complexe, le procès est annulé. Sans rire, le président du tribunal renvoie l’audience Trémège « à des temps favorables, mais qui sont incertains », sans fixer de date précise. Fin 2025 aurait été évoqué, et l’édile a déjà averti ses proches qu’il demanderait un second renvoi en faisant valoir l’échéance électorale trop rapprochée, selon Mediapart. Oh ben oui Gérard, faut pas te faire chier, les tribunaux sont pas fait pour des gens comme toi, c’est bien connu.
NB : Ce privilège d’avoir une justice lente (l’inverse de la comparution immédiate, en quelque sorte) bénéficie aussi en Creuse à Michel Moine, ex-maire d’Aubusson, dont on attend encore le jugement pour un crime de faux en écriture publique datant de 2015.
