Numéro 21 (printemps 2026)

Le numéro 21 est sorti

Une du numéro de printemps : gros titre : "Carnaval vaincra" sur une photo de tête de monsieur carnaval au bout d'une pique près d'un feu, avec des enfants déguisés autour, avec au fond une colline

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Carnaval sans fin !

Cher·es lecteurices, nous avons récidivé. Dans ce numéro encore, l’extrême droite engloutit le quart du journal. Vous avez sûrement envie de lire autre chose, de vous sortir la tête de cette marée brune qui monte. Mais en parler permet aussi de se rappeler que ce phénomène n’est pas inexorable. Sa pseudo-popularité actuelle est – en partie – une illusion gonflée à l’hélium par la sphère politico-médiatique. Le vote est certes un indicateur, mais quelque peu biaisé, notamment quand les principales forces favorables au partage des richesses – les jeunes et les classes populaires – s’abstiennent dans leur grande majorité.

Il nous semble vital de continuer à percer cette baudruche puante et démasquer leurs mensonges et faiblesses. Militant·es, chercheur·euses, médias indépendants : nous sommes nombreux et nombreuses à travailler dans ce sens. Autant vous dire que nos prochains numéros auront leur quota anti-fasciste : le Fonds pour une presse libre a lancé pour la deuxième année d’affilée un appel à projets «  Enquêter, révéler, résister » pour financer des médias dans leurs enquêtes sur l’extrême droite… et L’Empaillé fait partie du lot !

Mais rassurez-vous, lutter contre l’ignoble réaction implique aussi de sortir les paillettes, et de danser jusqu’au bout de la nuit. De tisser des liens, se faire du bien et offrir un modèle désirable au monde. Le carnaval, plein de joie, de lâcher-prise et de subversion nous offre une belle opportunité d’inventer les folklores, coutumes et héritages qui seront les nôtres. C’est un esprit trublion à inviter partout et tout le temps. L’emblème de cultures festives, rurales et urbaines, en perpétuelle évolution. Les free party, actuellement criminalisées à l’Assemblée, sont l’une des incarnations de cet esprit festif sauvage et vivant. Défendons ces moments de joie où la solidarité et l’émancipation sont souvent sur le devant de la scène. Tout le contraire des célébrations stériles sauce Stérin qui se racornissent dans des égoïsmes excluants et haineux. Balayons les mirages identitaires pour remettre au centre nos luttes et prenons au mot Macron qui déclarait le 3 avril à propos de l’Iran : « Il faut respecter la souveraineté des peuples. Si les gens veulent changer un régime, s’ils veulent réagir, se mobiliser, ils peuvent le faire. » Chiche ?