Drôme. Le département sabre dans le budget de la santé sexuelle
«N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question », disait Simone de Beauvoir. On aurait préféré qu’elle se trompe ! Mais non, puisque le Département de la Drôme a annoncé début mars la fermeture de sept centres de santé sexuelle (CSS) dans les villes et villages de Pierrelatte, Die, Hauterives, Livron, Saint-Jean-en-Royans, Valence et Portes-Lès-Valence. Ainsi qu’une baisse de 20 % de la subvention accordée au Planning familial et aux hôpitaux gérant ces centres. Des centaines de personnes majeures et mineures pourraient ne plus être pris·es en charge. Dans un communiqué cinglant, la CGT dénonce la volonté du Département de renvoyer les habitant·es vers les laboratoires et les pharmacies : « Le fait de renvoyer à des structures privées, lucratives, qui n’établissent que des actes, montre la méconnaissance et l’absence de considération des élu·es de la majorité pour le travail des CSS et du Planning familial ». Les antennes médicalisées proposent des consultations médicales, tests de grossesse, dépistage d’infections sexuellement transmissibles et IVG médicamenteuses, tandis que tous les centres sont un important lieu d’écoute et d’ informations sur la sexualité mais aussi sur les violences. Dans la Drôme, la plupart des centres concernés par la fermeture se trouvent en zone rurale, où il est beaucoup plus difficile de trouver une solution de remplacement. Cette décision rendra encore plus vulnérable les mineures, pour qui la seule solution sera d’aller chercher une contraception d’urgence à la pharmacie du village (s’il en existe une) ou de consulter son médecin de famille.
Rappelons qu’au Planning, les consultations médicales, les examens, les traitements IST, les contraceptifs, sont gratuits pour les mineur·es et les personnes sans sécurité sociale. Et que les entretiens le sont pour tous et toutes, avec possibilité d’anonymat. Ces espaces primordiaux sont aujourd’hui menacés. Des centaines de manifestant·es se sont retrouvé·es le 25 mars à Die, et le 28 mars à Valence devant le Conseil départemental. Une pétition tourne sur www.change.org.
Et ce n’est que le début !
