Courrier. « Bienvenue chez les fafs »
Un lecteur du Tarn-et-Garonne nous a envoyé sa mise au point sur la phrase de Pier Paolo Pasolini « le fascisme peut revenir sur la scène à condition qu’il s’appelle anti-fascisme ». Entendue en boucle sur les plateaux TV suite à l’affaire Quentin Deranque, cette phrase de 1976 désignait la société de consommation comme nouveau fascisme, et absolument pas la lutte antifasciste. Pier Paolo Pasolini a activement contribué à cette lutte, et il a été assassiné par des néo-nazis.
Notre lecteur poursuit : « Pour eux, distordre des citations est devenu une habitude. Ils se dédouanent ainsi de l’accusation infamante d’être d’extrême droite, de porter l’idéologie fasciste et donc d’être assimilé à Hitler, lequel dans un autre style de distorsion est désigné comme un potentiel gauchiste car dans national socialisme, il y a socialisme. (Zemmour, Musk, Alice Weidel).
Quand l’imbuvable Aurore Bergé, en désignant LFI, parle d’Antifrance, un terme inventé par le royaliste et antisémite notoire Charles Mauras, cela relève du même schéma, sauf qu’elle révèle là son vrai visage. Tout aussi gravissime quand la candidate LR Martine Vassal à la mairie de Marseille reprend à son compte la devise du Maréchal, « Travail, Famille, Patrie » Et en ce 8 mai 2026 la chanson « Maréchal nous voilà » a été diffusée dans deux communes RN, coïncidence ou clin d’œil tacite ?
Un gouvernement n’annonce jamais qu’il est devenu fasciste, il annonce plutôt que les antifascistes sont des criminels. »
Il conclut : « Quand le meurtre par arme à feu de Fédérico Aramburu en 2022 par deux fascistes du GUD groupuscule lié historiquement au RN fait à peine réagir, et celui de Quentin Deranque quatre ans plus tard déclenche une tempête médiatico-politique manipulatrice et une cabale débridée contre LFI et l’antifascisme, bien des questions se posent à nouveau. Tous ces signaux faibles mais significatifs montrent une seule chose, la mutation du capitalisme autoritaire incarnée par le petit marquis de l’Élysée, en un néo-fascisme sournois et pernicieux qui ne dit pas son nom.
Face à ce constat l’antifascisme n’est plus une gageure mais une nécessité. »
