Numéro 21 (printemps 2026)

Bulletin de grève

dessin. Plusieurs mains brandissent les lettres du mot grève

Depuis janvier, suite à l’annonce de suppression de près de 4 000 postes, le personnel de l’Éducation nationale s’est lancé dans un mouvement de grève sur tout le territoire. Le ministère justifie ces coupes par la baisse de la démographie. Les syndicats rappellent eux que, chaque année, les mauvaises conditions de travail entraînent la multiplication des arrêts maladie, et au final, des situations où les élèves n’ont pas d’enseignant·es. Leur revendication : faire baisser le nombre d’élèves par classe en maintenant les effectifs et renforcer l’accompagnement, notamment avec du personnel de vie scolaire et un meilleur statut pour les accompagnant·es d’élèves en situation de handicap. Dans certaines zones, la crainte est la fermeture complète des écoles, créant peu à peu de véritables déserts scolaires.

Du côté de la justice aussi, grosse mobilisation. Partout en France, les barreaux ont appelé à la grève contre un projet de réforme de la justice criminelle porté par le ministre Gérald Darmanin. Censé accélérer le traitement de certains dossiers, ce texte fragilise surtout les droits de la défense et la place des victimes.

Parmi les camarades ouvrier·es, la lutte n’est pas au beau fixe : que ce soit à l’usine de chocolat de Cémoi dans les Pyrénées-Orientales ou au sein d’Interep, entreprise de Haute-Loire spécialiste du caoutchouc cellulaire, les revendications de revalorisation des salaires n’ont pas abouti, malgré des bénéfices records dans ces deux groupes. Pour les grévistes de l’usine d’embouteillage de Saint-Yorre dans l’Allier et ceux de Qualipac (plasturgie) à Aurillac, c’est carrément la répression avec des menaces de sanction, pour l’embouteilleur à l’origine du mouvement et la convocation au tribunal judiciaire de quarante salarié·es pour « blocage et perturbation de l’usine ».

Demi-victoire mais victoire quand même pour les salarié·es du groupe (de plasturgie aussi) Barbier, premier employeur privé de Haute-Loire, où la grève a abouti à une hausse de 30 centimes de l’heure pour l’ensemble des salarié·es (au lieu des 50 revendiqués) et à une prime de 700 euros.

Le prix de l’essence fait flamber la colère sociale, que ce soit chez les routiers mobilisés à Rodez le 31 mars ou les pêcheurs réunis à Sète le 1er avril, malgré les aides, pas à la hauteur, annoncées le 24 mars par le gouvernement. Les infirmier·es et les aides à domicile, elles aussi durement touchés, n’ont reçu aucun soutien.

Petite bouffée d’espoir, la journée du 8 mars pour le droit des femmes et des minorités de genre, à laquelle ont appelé beaucoup de syndicats de travailleur·euses, contre l’exploitation salariale et domestique, a réuni cette année encore plus de 200 000 manifestant·es avec des actions originales organisées partout en France.