Numéro 20 (hiver 2026)

Bulletin de grève

dessin. Plusieurs mains brandissent les lettres du mot grève

À Commentry dans l’Allier, la colère grandit depuis l’annonce, le 3 novembre 2025, de 190 suppressions d’emplois chez le métallurgiste Erasteel. Vendredi 14 novembre, 2 000 personnes se sont rassemblées pour dire non à un plan social qui menace cette usine historique et tout un bassin de vie. « Dans le même temps, le groupe propriétaire construit une usine aux activités identiques en Savoie, dotée de 31 millions d’euros de subventions publiques. C’est une aberration. La direction nous fait fermer pendant qu’elle finance ailleurs la même activité, avec les mêmes équipements », a expliqué Dorian Durban, délégué CGT (1).

En Aveyron, les travailleur·euses en lutte (de longue date) de l’usine Bosch ont organisé une journée « usine morte », pour montrer à quoi ressemblerait un avenir sans elles et eux. En 2004, le site d’Onet-le-Château, premier employeur privé du département, salariait 2 400 personnes. Il ne sont plus que 600 aujourd’hui et de nouveaux plans sociaux devraient suivre.

Côté enseignement, à Toulouse, une centaine d’AESH (2) en grève étaient réunis en AG le 16 décembre pour exiger un statut de fonctionnaire et de meilleurs salaires. Les AESH sont désormais le deuxième corps de métier de l’Éducation nationale avec 140 000 agents, et pourtant ce sont encore 1 700 élèves dans l’académie de Toulouse qui se retrouvent sans accompagnement. Le 7 janvier, la proposition de loi (PS) qui aurait pu les aider à améliorer leur statut a été rejetée au Sénat. Un prochain rendez-vous de mobilisation est fixé pour le 11 février.

Quant aux travailleur·euses sociaux, iels ont fait trois jours de grève en décembre contre les politiques d’austérité qui précarisent leurs métiers et dégradent l’accompagnement des personnes. Idem pour les assistant·es familiales du Lot qui se sont mobilisées pour dénoncer les ressources insuffisantes pour l’habillement et l’entretien des enfants accueillis.

Dans le secteur médical, les salarié·es du centre intercommunal d’action sociale Val de Gers (Ehpad et service d’aide à domicile) ont réussi à faire plier les élu·es après trois jours de grève, avec l’appui de la CGT. Le « management toxique » a été reconnu, ainsi que les « astreintes déguisées ». Un protocole a été signé pour que les plannings, temps de pauses et congés soient enfin respectés. En Aveyron, après un préavis déposé le jour de Noël, une longue grève a commencé début janvier à l’hôpital de Decazeville pour conserver le poste d’une technicienne de laboratoire sans lequel l’accueil nocturne aux urgences serait compromis. La grève a été très suivie (100 % aux urgences et au labo, mais aussi en kiné, radio, etc). Le 10 janvier, ils et elles étaient cinq cents devant l’hôpital.

Sur une autre planète, certain·es médecins libéraux ont cru bon de mener une grève de deux semaines… dénoncée par le Syndicat de la médecine générale qui n’a pas rejoint l’appel : « Sous couvert de défendre l’accès aux soins et le système de santé, ces organisations défendent surtout les privilèges d’une corporation et ses bénéfices. Ielles s’insurgent contre les limitations portées aux dépassements d’honoraires […] et défendent bec et ongles un système libéral qui a désormais largement fait la preuve de son incapacité à remplir le service essentiel à la population que représentent les soins de santé ».

Et pour finir cet inventaire non exhaustif, dans les Pyrénées-Orientales, les agents de la Poste sont en grève depuis début janvier pour protester contre la réorganisation des services et des suppressions de postes. Ils et elles invitent à les rejoindre le 17 février pour un Mardi gras festif sur le thème « Venez déguisés en postiers ou en fantômes ».

On lâche rien, en 2026, L’Empaillé sera aux côtés de celles et ceux qui luttent !