Numéro 21 (printemps 2026)

Lafarge. Les béto-terroristes

L’ancien patron de Lafarge et son bras droit ont été condamnés à six et cinq ans de prison ferme, pour avoir collaboré avec l’État islamique (EI) en Syrie : en 2013 et 2014, ils lui ont offert 5,6 millions d’euros pour permettre à leur cimenterie de Jalabiya de poursuivre son activité. Dans le jugement du 13 avril, le tribunal estime que l’argent de Lafarge a permis à l’EI de « préparer des attentats terroristes », dont ceux de janvier 2015 en France. Entre-temps, Lafarge est avalé par le groupe Holcim, le béton coule à flot comme les milliards de bénéfices. Et pas question que cela ne change. Le syndicat patronal des bétonneurs, l’Union nationale des industries de carrières et matériaux, dénonce les actions prévues en mai par le  « Printemps des luttes locales » (voir page 36) qui risquent de « bloquer, occuper, voire perturber des sites industriels ». Comme un appel du pied au ministre de l’Intérieur pour ressortir le refrain des « éco-terroristes »…