Numéro 20 (hiver 2026)

Tarn. La mafiA69 traînée dans la boue

Le 12 décembre, le jugement administratif en appel sur l’autorisation environnementale accordée pour la construction de l’A69 a contredit celui de première instance, en donnant raison à l’État et son concessionnaire Atosca. Il faut dire que le magistrat chargé du dossier était le même qui avait validé, sans sourciller, un sursis pour la poursuite des travaux cet été. Ainsi, il faisait fi des centaines d’hectares de terres qu’il condamnait au profit d’une autoroute polluante réservée aux plus riches. Mais les opposant·es n’avaient pas dit leur dernier mot : ayant constaté des débordements d’emprise au sol de plusieurs dizaines d’hectares par rapport au projet validé, ils ont déposé un recours au pénal, provoquant la suspension des travaux le 18 décembre. Dans une tentative désespérée pour garder la main, l’exécutif a envoyé ses préfets proclamer qu’ils pouvaient régler ces détails et garder Atosca à l’œil. Après avoir laissé exister autant d’irrégularités, on pouvait avoir de gros doutes. Le tribunal ne s’est d’ailleurs pas laissé dessaisir et le 11 janvier, il a annoncé l’obligation de libérer ces emprises illégales sous quatre jours, et de réhabiliter ces terres dans le mois suivant sous peine de devoir payer 20 000 euros de pénalités par jour de dépassement. Depuis, les opposant·es se délectent de voir les pelleteuses du concessionnaire s’embourber sous une pluie diluvienne pour tenter de réparer dans la précipitation les dégâts colossaux. Cette victoire, temporaire, permet de jouer la montre en attendant le jugement en cassation sur le fond, qu’on espère pour l’été, et sur lequel nos camarades qui portent cette guérilla juridique partent confiant·es.