Se serrer les coudes en pleine tempête

Une société qui roule à cent à l’heure et qui accélère encore, pied au plancher vers un mur écologique et social. Des médias et des réseaux sociaux qui partent en sucette, les frasques abracadabrantes des élites mondiales, et des révoltes qui se succèdent sur tous les continents. Et pourtant, cette satanée lame de fond fasciste prend chaque jour plus de consistance.
En France, le vote d’extrême droite a doublé entre les législatives de 2022 et 2024. Le résultat de la violence sociale des macronistes et des torrents de haine déversés par les médias Bolloré. Mais où en est-on aujourd’hui : au point de bascule ?
Dans son essai Le temps des salauds, Hugues Jallon montre que le moment est celui « où les masques tombent ». De Raphaël Enthoven à Caroline Fourest et de Bernard Arnault à Emmanuel Macron, tous ces dirigeants, patrons, journalistes et intellos bouffe-plateau rendent la « promesse fasciste » raisonnable. La droite républicaine, en pleine déliquescence, a déjà livré une grande partie de son électorat aux partis d’extrême droite. Et elle continue de le faire, en attestent les déclarations de Retailleau ou Sarkozy qui construisent la nécessité d’une alliance électorale avec le RN.
Mais il ne faudrait pas exonérer tous ceux et celles qui, dans ce qu’il reste du PS et de ses réseaux, crachent sur La France insoumise et la gauche radicale, dressant un quasi barrage républicain… auparavant réservé aux ennemis néofascistes.
Lors d’une journée organisée le 6 décembre par le collectif de lutte contre l’extrême droite de Sète, un militant s’est permis d’élever la voix : « Il faut empêcher le fascisme, et il ne faut pas dire qu’il faut s’y préparer en cas de victoire électorale. Ce serait comme dire qu’on y est déjà, et ça nous affaiblirait maintenant ».
Car cela n’a rien d’inéluctable.
Alors ne laissons pas impuni le meurtre d’El Hacen Diarra le 14 janvier dans un commissariat parisien, poursuivons les initiatives de solidarité avec les précaires et les sans-papiers, intensifions les luttes féministes paysannes et antiracistes. De l’Assemblée des quartiers aux plannings familiaux, des dizaines de cafés asso aux squats autogérés, des luttes paysannes de la Conf’ aux internationalistes sur le front du Rojava : ce n’est ni la fin de l’histoire ni le début d’un fascisme newlook, c’est l’histoire de la lutte des classes, et on va tout faire pour la gagner.
